Je vous invite dès à présent à lire et relire le précieux article de Cyril Fiévet publié sur le magazine en ligne Usbek et Rika le 16/12/2017 : Comment les blockchains peuvent sauver la culture ? et découvrir le travail de Guillaume Déziel sur les modèles économiques et la blockchain. C’est en découvrant leurs travaux, que j’ai fait le parallèle, avec ce que j’avais déjà entrepris, (notamment à travers mon aventure avec le film de science fiction espagnole El cosmonauta et les articles publiés dans la revue du Cube. ), il y a 6 ans sur le partage, l’intelligence collective et l’importance de l’expérience en salle.

Cyrille Fièvet Cyril Fiévet, ingénieur en informatique de formation, est journaliste et auteur spécialisé dans les technologies numériques et les évolutions/révolutions qu’elles entraînent.

A travers cet espace de discussion et de découverte, nous partirons à la découverte de ces nouvelles solutions qui continuent à révolutionner les industries culturelles.

Je vous partage quelques extraits de leurs travaux, ci-dessous,

La blockchain – ou chaine de blocs – est une banque de données «distribuée», permettant de stocker de l’information de manière transparente, immuable et infalsifiable. Elle attire aujourd’hui l’attention de tous en raison des divers usages disruptifs potentiels qu’on lui découvre, jour après jour.

En culture, cette technologie promet des progrès sur l’authentification et la traçabilité des oeuvres, en plus d’offrir désormais des «contrats intelligents», ces applications décentralisés (ou DAPP) permettant désormais de gérer éternellement des flux monétaires et des partages de revenus et ce, à coût presque nul.

Nombreux sont ceux qui voient en la blockchain de d’innombrables révolutions à venir, notamment sur nos systèmes démocratiques, nos modèles de gouvernance, nos modèles organisationnels et sur plusieurs modèles d’affaires bientôt désuets, notamment ceux fondés sur des «intermédiaires de confiance».

Des dizaines de projets à base de cryptos et tokens continuent à montrer la voie proposant une relation directe entre les auteurs et leurs fans, une plus grande transparence dans la gestion des droits et de nouvelles sources de financement loin du circuit traditionnel de financement.

Extrait – Ainsi, je vous invite à ne pas laisser votre manque de culture sur les blockchains vous empêcher de comprendre toutes les opportunités qu’elles peuvent apporter. Commençons par présenter au moins trois caractéristiques avantageuses pour la diffusion d’oeuvres culturelles.

Une avancée pour la gestion des droits d’auteur.

Le premier est de former des registres immuables et distribués, enrichis au fil de l’eau et de façon sécurisée, tout en restant facilement consultables par tous à tout moment. En matière de gestion des droits d’auteur, ou de simple référencement des oeuvres, c’est un fort atout, en rupture avec la logique de fichier centralisé qui prévaut aujourd’hui.

Le second est de permettre la création de « contrats intelligents », c’est-à-dire des transactions programmables, conditionnées à des événements futurs. Ce sont ces contrats qui sont à l’origine de toutes les ICO (« Initial Coin Offering »), permettant à quiconque d’acquérir un token avant qu’il ne soit créé. Basé sur la technologie Ethereum.

Ethereum : Ces contrats intelligents sont basés sur un protocole informatique permettant de vérifier ou de mettre en application un contrat mutuel. Ils sont déployés et consultables publiquement dans une blockchain.

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ethereum

Il devient par exemple facile de faire évoluer le prix d’un album musical en fonction de son succès, ou d’offrir aux 100 premiers acheteurs de cet album une remise sur un concert à venir.

Source : https://usbeketrica.com/article/comment-les-blockchain-peuvent-sauver-la-culture

Le paiement

Le troisième atout tient aux paiements proprement dits : toute blockchain publique (ou tout token) est aussi une crypto-monnaie, convertible en d’autres monnaies, et autorisant de façon efficace des transactions de montants très faibles (inférieurs au centime d’euro), ce que nulle autre solution ne permettait jusqu’alors.

Partant de là, les solutions fleurissent, pour offrir des alternatives innovantes en matière de diffusion et gestion d’oeuvres culturelles.

1° Rendre la musique aux artistes

Les deux tiers de la musique mondiale (et même plus de 80% en Espagne, Finlande ou Danemark) sont produits par seulement trois majors (Universal, Sony et Warner). Et la distribution est tout aussi concentrée. En 2016, Apple et Spotify combinaient 85% des abonnements de streaming aux Etats-Unis. « Le marché de la musique sera une course à trois chevaux (Spotify, Apple et Amazon) », comme on le note dans Billboard.

Quand il s’agit de musique, la puissance des gros acteurs joue à plein. Ils établissent les prix et les formats, et se réservent la part du lion. Les artistes n’ont pas vraiment leur mot à dire. A l’ère du téléchargement, ils percevaient au mieux 30 à 40% des revenus des grosses plate-formes commerciales. Avec le streaming, c’est pire. Comme le soulignent élégamment les data-journalists de Information is beautiful, en étant rémunéré entre 0,0038$ (Spotify) et 0,0056$ (Deezer) par stream, un artiste doit diffuser 260 à 380.000 fois sa musique avant de dégager l’équivalent d’un SMIC.

Pour en savoir plus, je vous invite à découvrir le précieux article de Cyril Fiévet publié sur le magazine en ligne Usbek et Rika le 16/12/2017 : Comment les blockchains peuvent sauver la culture ?

2°Libérer le Web de la publicité

Sur le Web, la monétisation des textes a toujours été un problème. Un auteur de blog ou un petit éditeur de presse n’ont que peu de choix : couvrir leurs pages de bannières (dont l’immense majorité est gérée par une seule entreprise, Google) et espérer s’adjuger une (maigre) part du gâteau publicitaire. Là encore, les blockchains peuvent changer la donne.

3° Indexer sans frais toutes les diffusions culturelles

ISBN, ISSN, ISMN, ISWC, ISRC, DDEX, ASIN… cette jolie liste d’acronymes, à rendre jaloux un opticien, n’est qu’une petite partie des méthodes utilisées aujourd’hui pour identifier les différents types d’oeuvres culturelles. Pour des raisons historiques, ayant conduit à l’instauration de monopoles étonnants, l’indexation des oeuvres est loin d’être optimale.

Par exemple, tout livre publié est obligatoirement identifié par un ISBN, numéro unique faisant l’objet d’une normalisation internationale. Aux Etats-Unis, les ISBN sont affectés par une entreprise commerciale, RR Bowker, qui facture un minimum de 125$ par livre pour ce service. Troublant. En France, ces numéros sont attribués par Le cercle de la librairie, un syndicat interprofessionnel, qui exploite également la base Electre, seul véritable outil « officiel » permettant d’effectuer des recherches bibliographiques. Pour l’utilisateur lambda, une simple requête dans la principale base de données des livres publiés en France, par exemple pour connaître tous les livres publiés par un auteur ou simplement consulter la couverture ou la fiche descriptive d’un livre, coûte 3,58€. On comprend pourquoi les internautes privilégient d’autres solutions, qui s’appellent Amazon et Google – d’autres bases de données commerciales, propriétaires, centralisées, incomplètes (Amazon n’affiche que les titres vendus sur sa plate-forme) et susceptibles d’être incorrectes puisque leur contenu n’a rien « d’officiel »…

(…..) Pour en savoir plus et découvrir les outils existants, je vous invite une dernière fois à découvrir l’article de Cyril Fiévet publié sur le magazine en ligne Usbek et Rika le 16/12/2017 : Comment les blockchains peuvent sauver la culture ?

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