Comment les blockchains vont « disrupter » le monde de la culture ?

Les blockchains et les crypto-monnaies intriguent, excitent ou effraient les acteurs du monde culturel. Penchons-nous sur les solutions que pourrait apporter cette innovation technologique au monde culturel.



Se procurer un vinyle a été longtemps le seul moyen d’écouter de la musique – Photo by David Grandmougin on Unsplash

Nous sommes passés à une économie basée sur l’abondance.

Autant internet a libéré l’accès à la musique et aux films, autant il a été pendant de nombreuses années, une arme de destruction de la valeur économique de la création basée sur la rareté physique. Nous sommes entrés dans une économie dont l’attention constituerait la première rareté et la plus précieuse source de valeur. Aujourd’hui, en théorie, une des possibilités qu’offrirait désormais la chaîne de blocs serait de reproduire la « rareté de l’objet physique » que l’on a perdu de vue depuis l’invention du Web et la numérisation des contenu. Ce qui pourrait une nouvelle fois rebattre les cartes de l’écosystème.

Les blockchains aux nombreux effets disruptifs promettent de nouvelles solutions.

Concrètement, le monde de la culture peut se voir évoluer par ces 3 cas d’application de la blockchain.

  • Acheter – En premier le lieu, par le transfert d’actif, il sera bientôt possible d’acheter de l’art en bitcoin ou autre crypto-monnaies, devises créées à partir de la technologie blockchain.
  • Authentifier et référencer des millions de référence : Un autre cas d’usage est sans doute le plus intéressant est celui de la blockchain en tant que registre. La traçabilité des différentes opérations par un algorithme autogéré simplifiera les démarches d’authentification aussi bien pour le collectionneur que pour le vendeur, car la technologie est infalsifiable, inviolable et transparente. La société américaine Blockchain Art Collective propose notamment de fournir une identité d’art holistique, qui combine les fonctions de signature de l’artiste, un certificat d’authenticité papier ou numérique, sécurisée et référencé dans le monde de l’art.
Le dos d’une oeuvre de l’artiste Nanu Berks et son certificat d’authenticité

Lorsque l’on souhaite aujourd’hui retrouver un livre, on est amené à taper sur le moteur de recherche Google ou Amazon, qui sont pourtant des bases commerciales, propriétaires et non officielles. Alors que tout livre publié aujourd’hui est obligatoirement identifié par un ISBN, numéro unique faisant l’objet d’une normalisation internationale, il est quasiment impossible pour un lecteur d’avoir accès à cette base, sans payer, étant réservée aux professionnels.

  • Troisième atout, la technologie permettrait la création de « contrats intelligents », c’est-à-dire des transactions programmables, qui, une fois démarrés, exécutent automatiquement des conditions définies au préalable et inscrites dans la blockchain. Cyril Fiévet prend l’exemple d’un album, dont le prix sera facile de faire évoluer :

Il devient par exemple facile de faire évoluer le prix d’un album musical en fonction de son succès, ou d’offrir aux 100 premiers acheteurs de cet album une remise sur un concert à venir.

« Comment les blockchains peuvent sauver la culture ? » Usbek et Rica le 16/12/2017 par Cyril Fiévet
code numérique @Markus-spiske by Unplash

Les usages possibles de la technologie sont encore confidentielles aujourd’hui, mais les initiatives montrant la voie sont nombreuses et l’on peut compter sur leur potentiel et leur philosophie pour voir apparaître grâce à cette technologie de vraies solutions alternatives.