El Cosmonauta a ouvert la voie et commis des erreurs à ne pas reproduire. (1)

L’ampleur des pratiques de partage et de création directe des œuvres en ligne montre que le public a déjà évolué vers une nouvelle forme de relation aux contenus et à la culture. Pour ce public multi-connecté, si la possession devient moins importante, la personnalisation, le sur mesure, jouent, eux, un rôle de plus en plus grand dans des expériences médias qui remplacent la simple consommation de contenus. L’information et les médias sont (sur)abondants, le contenu brut de l’information est devenu gratuit et peut difficilement être monétisé. Les publicssont toujours plus avides d’expériences et veulent en avoir pour leur argent ; il faut leur offrir de la valeur ajoutée. A nous de travailler dur sur la relation unique qui nous lie à eux pour conserver leur attention et bâtir une relation sur le long terme (une niche). Nous pouvons penser que plus cette relation sera forte, plus l’accès à du contenu sera facile, moins il y aura du piratage.

Ce dont on est sûr, c’est que c’est loin d’être terminé, on n’a jamais autant regardé la télévision ou été au cinéma ; l’industrie certes connaît une crise comme elle n’a jamais connu, mais les changements techniques n’ont jamais été et ne sont pas les ennemis des artistes : ils ont permis d’inventer de nouvelles façons de créer (le piano, le violon, la photographie, le cinéma) et de nouvelles façons de faire connaitre leurs œuvres (le livre, l’imprimerie, le gramophone, la radio, la télévision, le cd, le dvd). A chaque fois, il fut dit par des experts que tout cela conduirait au désastre pour les artistes. A chaque fois, ceux-ci ont su en tirer le meilleur, pour créer autrement et se faire mieux connaître.

Internet offre une liberté aux créateurs indépendants.

Pour la première fois, le film de science fiction El Cosmonauta  de riot cinéma collective a été financé, il y a maintenant 6 ans grâce au soutien populaire et proposé gratuitement sur internet.L

Crowdfunding et licences creatives commons

Leurs motivations sont évidemment à la fois idéologiques et pragmatiques. dans un monde aussi concurrentiel que le cinéma, libérer le contenu de leur film leur donne un atout marketing non négligeable. Sans cette volonté initiale de se démarquer, El Cosmonauta n’aurait peut-être pas vu le jour, il aurait été considéré comme un autre projet de cinéastes indépendants. de cette façon, en faisant appel aux internautes, en créant une communauté autour de celui-ci et en le diffusant avec une licence créative commons, il est clair que le projet devient beaucoup plus attractif pour les médias. Surtout, concrètement, il n’aurait vu le jour sans le soutien des milliers

de contributeurs (près de 3 800 internautes) et d’investisseurs sans qui rien n’aurait pu se mettre en place, la confiance des producteurs a permis de se lancer et de commencer à travailler.

     Le film a été vu dans le monde entier, tout en ne bénéficiant pas de distributeurs. Pour les membres de Riot Cinéma Collective, le pari était de laisser vivre le film, de permettre aux gens de voir le film comme ils souhaitent le voir (c’est-à-dire que le film est toujours téléchargeable gratuitement et visible sur Youtube), et ainsi espérer que les spectateurs soient prêts à payer pour vivre l’expérience en salle. Permettre au film d’être téléchargeable a permis de faire connaître le film dans le monde entier, de favoriser l’intérêt des médias et de donner envie à la communauté des passionnés de vivre l’expérience de manière enrichie au cinéma.                                                                                               

Malheureusement, la réussite n’a pas été au bout. Dans le deuxième article, vous pourrez voir les difficultés qu’ont connu l’équipe et les répercussions que cela eu la diffusion du film.